Révoluton et Empire

Mercredi 26 novembre 2008

Samedi et dimanche dernier nous avons fait une partie de Flying Colors (GMT).


Créé par Mike Nagel (site : Relative Range), le jeu vise a recréer les affrontements de la marine à voile de la fin du XVIIème siècle et du début du XVIIIème siècle, la plupart des scénarii ayant trait aux guerres napoléoniennes.


Les règles, largement inspirées de celles de War Galley (GMT) permettent un assez


Comme il s'agissait d'une première partie pour mon adversaire, nous avions sélectionné une rencontre simple, savoir la bataille du Cap Ortegal, comportant peu de navire et un seul amiral dans chaque camp.


Après la défaite de Trafalgar, le contre-amiral Français Dumanoir s’enfuit vers le nord avec ses navires endommagés. Un navire de reconnaissance Britannique détecta une partie de l’escadre endommagée et l’amiral Richard Strachan, qui croisait au large du Cap Finistère, se lança à sa poursuite toutes voiles dehors.


Le 4 novembre 1805, Strachan rattrapa Dumanoir à l’est du cap Ortegal et Dumanoir, ne voyant pas d’autre alternative, fit volte face pour combattre.


Les française alignent 4 navires : le Dugay-Trouin, le Formidable (à bord duquel se trouve Dumanoir), le Mont-Blanc et le Scipion (dans cet ordre).


Les anglais en alignent 3 : le Caesar (Navire amiral de Strachan), le Hero et le Courageux (dans cet ordre).


Le vent est modéré du sud-est (donc au large pour les deux flottes), la visibilité est bonne.


Si les français dispose d'une certaine supériorité numérique, celle-ci est limitée du fait du navire amiral endommagé lors de la bataille de Trafalgar.


Situation au départ de l'action

Les deux flottes se retrouvent en lignes parallèles conformément à la doctrine de l'époque


Les échanges de tirs sont immédiats avec un léger avantage anglais du fait du tir sous le vent.


Après quelques salves, le français oblique vers le nord-ouest (passant vent arrière) pour se ménager du champ suivi par le britannique.


Deux coups bien placés de la part du Mont-Blanc puis du Scipion démâte le Courageux dont l'équipage attend désormais l'abordage de pied ferme.


Celui-ci intervient rapidement : le Scipion se porte à hauteur et grappine le navire adverse.


Après trois assauts sanglants, les couleurs sont amenées et l'équipage ou du moins ce qui en reste se rend.


* * *

*


Dans le même temps, le reste de la ligne française poursuite ses échanges de tirs avec la ligne anglaise avec pour conséquence le démâtage du Dugay-Trouin.


Le Caesar sous les ordres de Strachan se porte à sa hauteur et le grappine mais l'équipage français défend à l'abordage bec et ongles repoussant assaut sur assaut, pendant que les canonniers des deux navires se tirent dessus à bout portant.


Les deux vaisseaux sont rapidement en ruines, le Dugay-Trouin menaçant de sombrer à tout moment entraînant le Caesar.


Strachan donne l'ordre de rompre les amarres pour éviter le pire, pour être finalement pris en chasse par le Formidable et le Scipion profitant d'un changement de vent.


Le Scipion abandonnant la poursuite du Caesar porte son attention vers le dernier navire britannique, le Hero.


Ce dernier manoeuvre depuis plus d'un quart d'heure pour prendre du champ et ,virant de bord, revenir à la charge du Mont-Blanc qui a rompu ses amarres une fois le Courageux sous pavillon français.


Le Scipion et le Hero échange quelques salves sans grand résultat.


Le Hero se rapproche dangereusement du Mont-Blanc déjà fort endommagé par son combat.


Ce dernier se défend avec l'énergie du désespoir, à coup de canons puis les armes à la mains.


Mais le combat est trop inégal et le navire est pris 1 h 30 après les premiers échanges de salves.


Les français n'ont que le temps de voir le Scipion s'éloigner et leur propre prise, le Courageux le suivre lentement.


* * *

*


Plus au nord, le Formidable  a rattrapé le Caesar.


Croisant le T, il le canarde à moins de 50 mètres semant la mort parmi l'équipage affaibli et clouant pratiquement sur place le navire.


Strachan évacue le vaisseau en urgence, alors que le Formidable se portant bord à bord grappine et aborde sans difficulté.


L'Union Jack est amené.


Au loin, le Dugay-Trouin sombre dans un craquement sinistre


Situation à la fin de l'action


Le scenario se termine au douzième tour par une victoire du français par 26 points à 18.


* * *

*


Historiquement ce petit affrontement tourna à la catastrophe pour les français puisque les 4 navires furent capturés par les anglais.


Si l'ordre de bataille français est respecté, la ligne britannique semble cependant incomplète puisqu'il y manque le Namur et 6 frégates (certaines sources parlent de 4 frégates), rendant la tâche du Britannique plus ardu que dans la réalité.


Cette bataille sonna également la déchéance de l'Amiral Dumanoir le Pelley. : blessé à la tête, il fut capturé et garder prisonnier par les anglais.


De retour en France, il comparu devant une commission d'enquête puis une cour martiale en mars 1809 pour y être finalement acquitté.


Bataille du Cap Ortegal par Thomas Whitcombe (1760-1824)


Côté bibliographie, il y a pléthore sur le sujet.


Comme toujours, les séries Osprey restent une excellente première approche.


Sur les matériels et navires engagés on citera Victory vs Redoutable (Duel n°9), British Napoleonic Ship of the Line (New Vangard n°42), Napoleon Naval Artillery (New Vangard n°90)


Sur les équipages et les uniformes Nelson's Navy (Elite n°48), Napoleon's Sea Soldiers (Me-at-Arm n°227), French Warship Crews (Warrior n°97)


Peu de choses cependant quant à la bataille elle-même.


Je me suis référé entre autres au Trafalgar (Campaign n°157) de Osprey et j'avais commencé la lecture du  Trafalgar de Rémi Monaque.


Malheureusement je n'ai pas pu encore achevé ce dernier faute de temps.


En farfouillant un peu, il semble qu'il existe un récit d'un certain François Ferdinand Gemähling, témoin direct du combat.


Gemähling était alors capitaine 2ème classe à bord du Dugay-Trouin et écrit alors qu'il était emprisonné sur les pontons anglais à Plymouth.


En tout état de cause, Flying Colors demeure un jeu facile d'accès, qui pêche par quelques bugs facilement rectifiables à l'aide de la version 1.2 des règles (disponible sur le site de GMT Games) et des différents erratas.


En outre l'auteur, Mike Nagel, est très disponible pour répondre aux questions sur ConSimWorld.


Le jeu est un excellent compromis entre simulation et jouabilité, avec un système de jeu beaucoup plus simple à aborder et à gérer que celui de son ancêtre Wooden Ships & Iron Men.


Conseillé donc pour ceux qui aiment la marine à voile et ne souhaitent pas s'encombrer de règles par trop complexes.

Par René De Vils
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Mardi 22 juillet 2008

J'ai reçu ce matin Le Grand Empire de François-Stanislas Thomas et éditer par une maison française, Pratzen Editions.

François-Stanilas Thomas avait déjà développé Rossyïa 1917 publié en son temps par Azure Wish Editions (AWE), et simulant efficacement la guerre civile russe entre 1917 et 1921.

Fort de ce (bon) souvenir, j'avais donc pré-commandé la première édition mais n'avais pu honorer celles-ci du fait de mes finances à l'époque.

Après avoir lu l'excellente critique de Denis Sauvage dans Vae Victis et vu le fonctionnement du jeu lors d'une précédente rencontre de la DOUA, je n'ai pas hésité longtemps avant de commander cette seconde édition (déjà épuisée il me semble).

Le jeu se présente dans une boîte au standard des meilleures maisons américaines et c'est une très bonne surprise que j'ai eu à l'ouverture de cette dernière.

En effet, le matériel n'a rien à envier à GMT Games ou MMP : le graphismes des pions est fin et la carte est loin d'être la plus vilaine que j'ai pu voir.

Cette dernière couvre l'Europe et la Méditerranée de la Suède à l'Egypte et de la France à la Russie.

Reste donc à éplucher les règles, lesquels ne semblent pas d'une complexité énorme même si elles sont volumineuses (plus de 30 pages) ainsi que le livret de scénarii, qui comporte 4 pages de règles spécifiques et surtout un exemple de jeu développé.

Rappelons que Le Grand Empire est un jeu à l'échelle stratégique qui couvre les guerres du Consulat et de l'Empire entre 1800 et 1815 à la fois militairement et diplomatiquement.

A titre personnel, le jeu me rappelle le vénérable Empires in Arms de l'éditeur américain Avalon Hill, et dont je me suis séparé de mon exemplaire il y a quelques années, tant la durée de jeu et la foultitude de règles me rebutaient.

Le Grand Empire apparaît au premier abord plus moderne et accessible et le temps nécessaire pour effectuer une partie plus court.

En outre il est expressément prévu pour deux joueurs (avec option pour 5 joueurs voire 7).

A creuser donc... dès que j'aurai réussi à coincer mon paternel plus de deux heures pour tester la bête (mon cobaye habituel n'appréciant guère ce niveau de simulation ce qui se défend largement).

Par René De Vils
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