Samedi et dimanche dernier nous avons fait une partie de Flying Colors (GMT).
Créé par Mike Nagel (site : Relative Range), le jeu vise a recréer les affrontements de la marine à voile de la fin du XVIIème siècle et du début du XVIIIème siècle, la plupart des scénarii ayant trait aux guerres napoléoniennes.
Les règles, largement inspirées de celles de War Galley (GMT) permettent un assez
Comme il s'agissait d'une première partie pour mon adversaire, nous avions sélectionné une rencontre simple, savoir la bataille du Cap Ortegal, comportant peu de navire et un seul amiral dans
chaque camp.
Après la défaite de Trafalgar, le contre-amiral Français Dumanoir s’enfuit vers le nord avec ses navires endommagés. Un navire de reconnaissance Britannique détecta une partie de l’escadre endommagée et l’amiral Richard Strachan, qui croisait au large du Cap Finistère, se lança à sa poursuite toutes voiles dehors.
Le 4 novembre 1805, Strachan rattrapa Dumanoir à l’est du cap Ortegal et Dumanoir, ne voyant pas d’autre alternative, fit volte face pour combattre.
Les française alignent 4 navires : le Dugay-Trouin, le Formidable (à bord duquel se trouve Dumanoir), le Mont-Blanc et le Scipion (dans cet ordre).
Les anglais en alignent 3 : le Caesar (Navire amiral de Strachan), le Hero et le Courageux (dans cet ordre).
Le vent est modéré du sud-est (donc au large pour les deux flottes), la visibilité est bonne.
Si les français dispose d'une certaine supériorité numérique, celle-ci est limitée du fait du navire amiral endommagé lors de la bataille de Trafalgar.
Situation au départ de l'action
Les deux flottes se retrouvent en lignes parallèles conformément à la doctrine de l'époque
Les échanges de tirs sont immédiats avec un léger avantage anglais du fait du tir sous le vent.
Après quelques salves, le français oblique vers le nord-ouest (passant vent arrière) pour se ménager du champ suivi par le britannique.
Deux coups bien placés de la part du Mont-Blanc puis du Scipion démâte le Courageux dont l'équipage attend désormais l'abordage de pied ferme.
Celui-ci intervient rapidement : le Scipion se porte à hauteur et grappine le navire adverse.
Après trois assauts sanglants, les couleurs sont amenées et l'équipage ou du moins ce qui en reste se rend.
* * *
*
Dans le même temps, le reste de la ligne française poursuite ses échanges de tirs avec la ligne anglaise avec pour conséquence le démâtage du Dugay-Trouin.
Le Caesar sous les ordres de Strachan se porte à sa hauteur et le grappine mais l'équipage français défend à l'abordage bec et ongles repoussant assaut sur assaut, pendant que les canonniers des deux navires se tirent dessus à bout portant.
Les deux vaisseaux sont rapidement en ruines, le Dugay-Trouin menaçant de sombrer à tout moment entraînant le Caesar.
Strachan donne l'ordre de rompre les amarres pour éviter le pire, pour être finalement pris en chasse par le Formidable et le Scipion profitant d'un changement de vent.
Le Scipion abandonnant la poursuite du Caesar porte son attention vers le dernier navire britannique, le Hero.
Ce dernier manoeuvre depuis plus d'un quart d'heure pour prendre du champ et ,virant de bord, revenir à la charge du Mont-Blanc qui a rompu ses amarres une fois le Courageux sous pavillon français.
Le Scipion et le Hero échange quelques salves sans grand résultat.
Le Hero se rapproche dangereusement du Mont-Blanc déjà fort endommagé par son combat.
Ce dernier se défend avec l'énergie du désespoir, à coup de canons puis les armes à la mains.
Mais le combat est trop inégal et le navire est pris 1 h 30 après les premiers échanges de salves.
Les français n'ont que le temps de voir le Scipion s'éloigner et leur propre prise, le Courageux le suivre lentement.
* * *
*
Plus au nord, le Formidable a rattrapé le Caesar.
Croisant le T, il le canarde à moins de 50 mètres semant la mort parmi l'équipage affaibli et clouant pratiquement sur place le navire.
Strachan évacue le vaisseau en urgence, alors que le Formidable se portant bord à bord grappine et aborde sans difficulté.
L'Union Jack est amené.
Au loin, le Dugay-Trouin sombre dans un craquement sinistre
Situation à la fin de l'action
Le scenario se termine au douzième tour par une victoire du français par 26 points à 18.
* * *
*
Historiquement ce petit affrontement tourna à la catastrophe pour les français puisque les 4 navires furent capturés par les anglais.
Si l'ordre de bataille français est respecté, la ligne britannique semble cependant incomplète puisqu'il y manque le Namur et 6 frégates (certaines sources parlent de 4 frégates), rendant la tâche du Britannique plus ardu que dans la réalité.
Cette bataille sonna également la déchéance de l'Amiral Dumanoir le Pelley. : blessé à la tête, il fut capturé et garder prisonnier par les anglais.
De retour en France, il comparu devant une commission d'enquête puis une cour martiale en mars 1809 pour y être finalement acquitté.
Bataille du Cap Ortegal par Thomas Whitcombe (1760-1824)
Côté bibliographie, il y a pléthore sur le sujet.
Comme toujours, les séries Osprey restent une excellente première approche.
Sur les matériels et navires engagés on citera Victory vs
Redoutable (Duel n°9), British Napoleonic Ship of the Line (New Vangard n°42), Napoleon Naval Artillery (New Vangard n°90)
Sur les équipages et les uniformes Nelson's Navy (Elite n°48), Napoleon's Sea Soldiers (Me-at-Arm n°227), French Warship Crews (Warrior n°97)
Peu de choses cependant quant à la bataille elle-même.
Je me suis référé entre autres au Trafalgar
(Campaign n°157) de Osprey et j'avais commencé la lecture du Trafalgar de Rémi Monaque.
Malheureusement je n'ai pas pu encore achevé ce dernier faute de temps.
En farfouillant un peu, il semble qu'il existe un récit d'un certain François Ferdinand Gemähling, témoin direct du combat.
Gemähling était alors capitaine 2ème classe à bord du Dugay-Trouin et écrit alors qu'il était emprisonné sur les pontons anglais à Plymouth.
En tout état de cause, Flying Colors
demeure un jeu facile d'accès, qui pêche par quelques bugs facilement rectifiables à l'aide de la version 1.2 des règles (disponible sur le site de GMT Games) et des différents erratas.
En outre l'auteur, Mike Nagel, est très disponible pour répondre aux questions sur ConSimWorld.
Le jeu est un excellent compromis entre simulation et jouabilité, avec un système de jeu beaucoup plus simple à aborder et à gérer que celui de son ancêtre Wooden Ships & Iron Men.
Conseillé donc pour ceux qui aiment la marine à voile et ne souhaitent pas s'encombrer de règles par trop complexes.