Livres et revues

Mercredi 8 juillet 2009
J'avais émis quelques doutes en décembre 2008 quant à la pérennité de la nouvelle formule de la revue Vae Victis (Malheur au vaincus).

Rappelons que les jeux en encarts de la revue ont été supprimés à compter du n°86 au profit de "mini-jeux" bimestriels (20 pions et une carte A4) et de deux hors-séries accompagnés d'un jeu professionnels par an (pions prédécoupés, aides glacées et pochettes).

J'ai reçu il y a quelques semaines le premier hors-série consacré à l'opération Market-Garden accompagné de la réédition du jeu paru dans le Vae Victis n°14 intitulé Arnhem 44.

Je dois avouer avoir été quelque peu déçu tant par la forme que par le fond.

Sur la forme si la présentation générale est globalement bonne, certains points reste gênants voire dirimants.

Le premier et le plus évident concerne la couleur des pions et de la carte.

En effet, les deux camps partagent des teintes pratiquement équivalentes, rendant l'appréhension de la situation difficile.

Quant à la carte les couleurs sont relativement peu tranchée entre le terrain difficile et le terrain clair.

Le second problème est plus anecdotique mais existe bel et bien et concerne la grappe de pions.

Ceux-ci d'un décalage et leur découpage est peu aisée.

J'ai clippé ces derniers chose qui ne m'était pas arrivé depuuis fort longtemps avec les productions actuelles.

Sur le fond, les choses sont à mon goût plus pénibles.

Il s'agit d'un jeu déjà publié et a priori mis à jour.

Or, on trouve encore un nombre important de coquilles qui nécessite des erratas et des questions sur les divers forums.

Le jeu me laisse l'impression d'avoir été terminé à l'emporte pièce.

* * *
*

Pour ce qui de la revue elle-même et de façon globale, la lecture en est plus aisée.

Pourtant elle laisse une impression parfois de remplissage, sans compter les coquilles typographiques.

La disparition de la rubrique "Art de la Guerre" n'y est pas pour rien et le fait que la plupart des informations se trouvent désormais sur Internet rend les articles un peu vains.

J'avoue lire la revue bien plus vite qu'auparavant.

Les "mini-jeux" en encarts sont sympathiques et très utles pour l'initiation mais les "grognards" restent sur leur faim.

On peut donc légitimement s'interroger sur la direction prise par la ligne éditoriale de Vae Victis.

Les options choisies ne semblent pas forcément idéales : qui trop embrasse mal étreint et à vouloir contenter tout le monde, Vae Victis ne contentera plus personne.

Un abaissement de la périodicité aurait été peut-être plus judicieux afin de maintenir le jeu en encart et de permettre une meilleure finalisation de l'ensemble.

C'est l'option choisie par Battles Magazine, sorti il y a un mois outre la langue anglaise et le sujet exclusivement jeu d'histoire sur carte.

Ce dernier semble promis à un bel avenir.

Pour autant et comme toujours, la critique est aisée et l'art est difficile et on ne peut que souhaiter la survie du seul journal francophone sur le jeu d'histoire.

Je ne peux m'empêcher cependant d'avoir des doutes et de me dire que Vae Victis a voulu aller un pont trop loin...
Par René De Vils
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Mardi 13 janvier 2009
J'ai terminé juste avant mes vacances la lecture du n°14 du magazine Ligne de Front consacré à la Grande Guerre à l'ouest année par année.

La revue confirme sa qualité à mon goût : le sujet est manifestement maîtrisé et le récit synthétique et clair.

Les cartes sont de bonne qualité et l'iconographie, quoique classique, appropriée.

Pour quelqu'un de moyennement familier avec le sujet (en dehors de la Marne, de Verdun et du Chemin des Dames), c'est une très bonne approche qui pousse à se documenter de façon plus approfondie.

J'avais déjà beaucoup apprécié le hors-série consacré au Pacte de Varsovie et j'avais ressorti à cette occasion l'excellent Warplan Dropshot de Bruce Costello édit par Schutze Game.

De ce fait, je me suis replongé dans a ludothèque et ma bibliothèque qui s'avère finalement plus fournies que je ne le pensais.

D'un point de vue stratégique, j'avais abandonné tout espoir de jouer un jour à La Grande Guerre, jeu  en français édité en son temps par Azur Wish, tant les règles sont complexes et bourrées de coquilles.

Le plus étonnant est la facilité avec laquelle je m'en suis séparé et surtout à quel prix ...

Je suis donc rabattu sur le jeu de Ted Raicer publié par GMT Games, Path of Glory pour mon plus grand bonheur ainsi que sur son dérivé consacré au théâtre proche-oriental sorti cet e année, Pursuit of Glory.

Jeu rapide, proche des échecs, j'ai même réussi à convaincre ma femme d'y jouer et j'espère pouvoir prochainement en refaire une partie.

Je n'ai cependant pas eu l'occasion de me plonger dans The Great War in Europe Deluxe des mêmes auteur et éditeur.

Cette simulation me semble plus fine quoique très encadrée historiquement...

Au niveau opérationnel, j'avais été séduit par la simplicité de la série Clash of Giants (toujours de Ted Raicer)  simulant, les batailles de la Marne, de Tanneberg, d'Ypres et de Galicie

Pour autant le résultat quant à la bataille de la Marne était fort décevant tant le mécanisme de gestion du mouvement est aléatoire.

J'attends à ce jour avec impatience l'arrivée d'une simulation de la seconde bataille de la Marne en 1918 Friedensturm - Marne 1918 de l'éditeur français Hexasim

Enfin le niveau tactique m'avait un temps attiré par le biais de Landships! de Clash of Arms, mais j'avais finalement renoncé par goût.

La lecture de ce numéro 14 de Ligne de Front m'a remis en mémoire également mes différentes lectures au premier rang desquelles le superbe Voyage au bout de la Nuit de Louis-Ferdinand Céline, dont une version illustrée par le dessinateur Tardi existe.

Egalement, A l'ouest rien de nouveau de Erich Maria Remarque m'est revenu en tête, livre qui m'avait beaucoup impressionné lorsque je l'ai lu vers 14 ans.

Je me suis plongé dans le Osprey consacré à Verdun mais ce dernier m'a laissé sur m'a faim, s'arrêtant parfois trop sur certains détails et laissant dans l'ombre d'autres pourtant importants.

En outre les cartes sont peu précises et nuisent à la bonne compréhension des événements.

Le récent numéro 24 de la revue Champs de bataille m'a permis également une meilleure compréhension de la tranchée grâce à un bon article sur le sujet.

La même revue avait déjà proposée une synthèse (sur deux numéros) consacrée l'armée française à l'ouverture des hostilités en juillet-août 1914.

On se reportera également utilement à l'Anthologie mondiale de la stratégie (chapitre XXème siècle), compilation de textes d'auteurs variés en l'espèce Foch et Lüddendorf.

Enfin, j'attaquerai (j'espère) prochainement la thèse de Charles Ridel intitulée Les Embusqués.
Par René De Vils
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Mardi 30 décembre 2008
La nouvelle de la modification en profondeur de la seule revue de jeu d'histoire en France, Vae Victis, notamment la suppression du jeu en encart a mis en émoi toute la communauté belliludiste en cette fin d'année.

Si cette nouvelle m'a tout d'abord attristée dans la mesure où c'est cette revue qui m'a fait entrer de plein-pied dans le jeu d'histoire (grâce au numéro 22), après réflexions je me suis aperçu que Vae Victis était devenu une source accessoire d'information et que sa modification m'affecterait moins que ce que je pensais.

Nous vivons dans un monde fini et croire qu'une situation peut perdurer éternellement est ridicule.

Les choses et les situations changent, évoluent et Vae Victis aurait muté ou disparu un jour ou l'autre.

Son éditeur est une société commerciale dont le but est avant toute chose de faire du profit, et le Marché a ses lois.

Or, on connaît les difficutés de la presse généraliste à l'heure actuelle, alors que dire d'une presse aussi spécialisée que Vae Victis.

Il faut donc déjà considérer comme heureux que Histoire & Collections ne soit pas purement et simplement séparé du titre (ce qui semble-t-il a été envisagé).

Néanmoins cela ne siginfie pas que celui-ci perdurera longtemps et on se souviendra de ce qu'il est advenu en leur temps de titres tels que Jeux & Stratégie ou Casus Belli et ses soubresauts.

Je reste relativement réservé quant à sa survie bien que toutes les cartes ne soient pas encore distribuées

Tout dépendra de la ligne éditoriale qui sera adoptée par l'équipe rédactionnelle et du contenu de la nouvelle mouture.

Tout dépendra également de la réaction du lectorat.

Restera-t-il fidèle ? Evoluera-t-il ? Seul l'avenir le dira.

A titre personnel, la survie ou la disparition de la seule revue francophone traitant de mon hobby ne me fera pas arrêter de pratiquer le wargame.

Certes, elle modifiera mes petites habitudes bien ancrées depuis plus de 10 ans mais je trouverai mes informations ailleurs et sous d'autres formes.

Mes regrets iront aux jeux en encarts qui traitaient souvent de sujets originaux en moins de huit pages de règles.

J'hésite donc à renouveler mon abonnement et je me laisse un temps de réflexion et ce, d'autant plus que la crise touche tout le monde...
Par René De Vils
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Mardi 30 septembre 2008
Voilà un moment que je n'avais pas alimenté ce blog.

La rentrée, le retour au travail avec ses piles de dossier et sa paperasse...

J'ai néanmoins eu le temps de terminer la lecture de La Compagnie, roman de Robert Littell, lequel n'est autre que le père de Jonathan Littell prix Goncourt 2007 avec Les Bienveillantes.

Il s'agit d'un roman d'espionnage qui suit la ligne historique de la CIA.

On y suit une huitaine de personnages fictifs de 1950 (leur entrée dans la Compagnie) à 1993, dans 6 parties correspondant à un événement marquant (Berlin, Budapest, la Baie des Cochons, l'Afghanistan...) où ils croisent diverses personnalités réelles.

Le fil rouge est la présence d'une taupe haut placée au sein de l'organisation.

Une série TV en a été tirée que je n'ai pas eu l'occasion de voir.

Le roman ne peut que renvoyer vers l'excellent jeu de Ananda Gupta publié par GMT Games et réédité déjà à deux reprises : Twilight Struggle.

Jeu d'histoire proche du jeu de plateau, il oppose deux joueurs l'un représentant l'Ouest et l'autre l'Union Soviétique pendant la Guerre Froide pour la domination du Monde.

Piloté par 110 cartes divisées en 3 paquets correspondant à trois époques (1950-1960, 1960-1975 et 1975-1991), chaque carte représente un événement historique marquant favorable à l'un ou l'autre camp.

Chacune apporte également un certain nombre de points d'action permettant d'effectuer diverses actions pour asseoir sa domination sur un pays (de la lutte d'influence au coup d'état).

Malheureusement chaque fois q'une carte est jouée pour ses points, l'événement qu'elle représente se produit s'il est favorable à l'adversaire...

Petite mention concernant le titre : Twilight Struggle (la lutte crépusculaire) provient d'un discours de JFK pour décrire ce qu'on n'appelait pas encore la Guerre Froide.

Je ne manquerai pas de poster un compte rendu dès que possible.

Jeu d'équilibre permanent, d'arbitrage entre le moindre de deux maux, Twilight Struggle est pour moi une très grande réussite particulièrement après quelques parties (comme dans beaucoup de jeux...) et véritablement le révélateur de la richesse des jeux pilotés par cartes.

Accessible à un public non averti, c'est également un excellent outil pédagogique pour l'apprentissage de l'Histoire récente.

Et c'est avec un plaisir renouvelé que j'attaque chaque partie...
Par René De Vils
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Mercredi 27 août 2008
Je suis en train d'achever la lecture du livre de Jean-François Susbielle, Chine-USA - la guerre programmée.

L'auteur, ingénieur et consultant, prend pour postulat que l'ennemi officieux de l'administration américaine est la Chine et non un quelconque terrorisme islamiste, lequel n'est qu'un prétexte pour justifier un redéploiement des forces américaines pour contrer l'expansion chinoise.

En effet, la Chine prétendrait à une hégémonie mondiale au moins en matière économique, ce que les USA n'entendrait pas accepter envisageant jusqu'au recours à la force.

Ecrit en 2006, l'analyse est relativement interessante et étayée notamment au vue des travaux du think tank néoconservateur "Project for a New American Century" (PNAC), dont les principaux fondateurs ne sont autre que "Scooter" Libby, Donald Rumsfeld, Dick Cheney, PaulWolfowitz, Richard Perle pour ne citer que ceux-ci.

Le site du PNAC existe toujours mais ne semble plus avoir d'activité depuis 2006.

On peut toujours trouvé également une traduction de son édifiant rapport de 2000, "Reconstruire les défenses de l'Amérique", et une analyse de Michel Nesterenko pour le CF2R.

L'auteur s'appuie également manifestement sur les différents travaux récents ou non (Pickman, Huntington, Fukuyama...) ayant modeler la géopolitique américaine depuis cent ans.

"Manifestement" car c'est ce que j'ai pu regretter au fil des pages : si on identifie bien les courants de pensées et les éléments dont fait état Susbielle, le livre ne comporte aucunes références par le biais de notes de bas de pages entre autre.

L'actuel ministre d'état belge (pour combien de temps ?) Guy Spitael a pour sa part rédiger un essai qui se veut apparemment le contre-pied du livre de Susbielle, Chine-USA - La guerre aura-t-elle lieu ? et que je n'ai pas encore eu l'occasion de lire.

J'ai pu également ressortir de son carton les n°9, 23 et 29 de la revue Diplomatie, consacré respectivement à la stratégie mondiale de la Chine, ses rapports avec l'Afrique et ceux avec le Japon.

Toujours est-il que le livre reste plaisant et fluide dans sa réflexion et m'a donc poussé à l'acquisition du n°250 de la revue Strategy & Tactics éditée par Decision Games.

Ce numéro propose un jeu en encart intitulé Red Dragon Rising simule un éventuel conflit entre la Chine Populaire et une coalition menée par les Etats-Unis, situé dans un avenir proche (entre aujourd'hui et 2014).

Le jeu part de trois postulats :
  • La Chine serait l'agresseur ;
  • Le conflit éclate autour de Taïwan ;
  • La guerre ne débute pas par un échange nucléaire même si une escalade est possible.

J'espère pouvoir tester la chose dans quelques semaines en solo (ou face à face si je trouve un cobaye).
Par René De Vils
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